Pour remédier aux difficultés rencontrées par les femmes mareyeuses dans leur activité, l’USCOFEP-CI s’est alliée à l’entreprise SIPEMA-CI pour lancer une flotte artisanale qui permettra de garantir l’approvisionnement en produits de pêche des femmes de l’Union. Un enjeu socio-économique pour les femmes mais aussi pour les jeunes travaillant en amont et en aval de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que pour les marins, dont les conditions de vie sur les embarcations artisanales actuelles sont très précaires. Un enjeu aussi pour la sécurité alimentaire des consommateurs. L’USCOFEP-CI en appelle au gouvernement pour faciliter la mise en œuvre de cette initiative, qui ne nécessite plus qu’un site pour son démarrage.

En novembre 2017, l’inauguration du débarcadère de Locodjro symbolisait un nouveau souffle pour l’USCOFEP-CI, avec l’espoir concret de voir s’améliorer les conditions de travail des femmes mareyeuses et transformatrices. Avec le débarcadère, les pêcheurs artisans pourraient débarquer leurs captures directement aux femmes, qui auraient ensuite à leur disposition toutes les infrastructures de conservation (chambre froide), de vente directe (criée) et de transformation (fours FTT) pour leurs activités de vente et de transformation. Innovation supplémentaire, le débarcadère prévoyait également une crèche pour l’accueil des enfants, une avancée sociale quand on pense au fait que la majorité des femmes dans le secteur de la pêche travaillent avec leurs nouveau-nés sur le dos, y compris lors d’activités de fumage sur des fours traditionnels, dont la FAO a prouvé que les fumées s’en échappant étaient corrélées à de graves troubles de santé, et notamment des cancers.

Mais l’activité a eu du mal à démarrer, et les femmes ont dû faire face à de nombreux défis, comme en ont fait part différents médias. Le principal défi a été le débarquement. Malgré les quais prévus au débarcadère, les pêcheurs n’y accostaient pas. Les étals de la criée et les fours FTT restaient presque vide, même en période de pêche artisanale. Les quelques poissons vendus par les femmes de l’USCOFEP-CI se marchandaient à l’extérieur du débarcadère, sur le marché, le poisson disposé dans des bacs alimentés de glace.

Aujourd’hui, presque quatre ans après l’inauguration du débarcadère, don du Roi du Maroc Mohammed VI, la situation ne s’est pas améliorée. Elle s’est même davantage détériorée, puisque les femmes de l’USCOFEP-CI n’accèdent même plus au débarcadère. Elles ont fondé leur nouveau siège à une centaine de mètres de là, au niveau du site de transformation construit par l’Union Européenne dans le cadre de l’Accord de Partenariat de Pêche Durable avec la Côte d’Ivoire. Elles s’y sentent plus en sécurité, mais les infrastructures du site restent insuffisantes pour redémarrer leur activité.

Pour commencer : il faut du poisson. Sans ressource, il ne peut y avoir d’activité, que ce soit pour les femmes mareyeuses et transformatrices que pour les jeunes, qui interviennent tout au long de la chaîne de valeur dans différentes manœuvres logistiques et de transport.

Pour cela, l’Union a noué des partenariats avec plusieurs acteurs, et notamment avec l’entreprise SIPEMA-CI. Dans le cadre de ce partenariat, la SIPEMA-CI prévoit la constitution d’une nouvelle flotte de pêche artisanale, qui approvisionnerait directement les femmes de l’Union. Ces nouvelles embarcations, plus modernes, permettraient d’assurer l’approvisionnement des femmes et d’améliorer les conditions de travail des marins, très précaires sur les pirogues actuellement en circulation.

Tout est là, les bateaux en kit sont prêts à être montés par les menuisiers, les agréments et les licences sont déjà disponibles. En un mois, la flotte peut être opérationnelle, selon le Directeur de la SIPEMA-CI, mais l’entreprise est toujours dans l’attente de l’octroi d’un site de montage des bateaux et d’un site de mouillage. « Nous espérons que les autorités accèderont rapidement à notre requête de louer une aire de mouillage, autrement nous allons rater la saison de pêche artisanale », dit le Directeur. « Ce n’est pas un cadeau que nous faisons aux mareyeuses, c’est une collaboration dans laquelle chacun peut ressortir gagnant, mais notre volonté de collaborer avec l’USCOFEP-CI est aussi motivée par le fait que les gens piétinent trop les droits de la femme, surtout dans le domaine de la pêche ». 

Les ambitions de l’USCOFEP-CI et de la SIPEMA-CI vont même au-delà, dans une perspective de durabilité et de développement de toute la filière. Ce qui ne se dit pas dans le secteur, c’est qu’environ 20%-25% du poisson pêché et débarqué par les pêcheurs artisans est de moindre qualité. A l’arrivée, aucun tri possible, au risque de se voir refuser l’achat du poisson. La nouvelle flotte artisanale, plus moderne, est aussi là pour améliorer les conditions de conservation du poisson à bord, et ainsi limiter les pertes ainsi que les risques alimentaires pour les consommateurs. L’USCOFEP-CI et la SIPEMA-CI ambitionnent également à signer un partenariat avec le lycée professionnel de Grand-Lahou pour la formation aux métiers de la pêche, en vue d’accompagner la professionnalisation des jeunes du secteur. Beaucoup de défis, qui sont liés les uns aux autres par effet domino et que ce partenariat souhaite adresser dans le cadre de cette initiative concrète, pour laquelle l’USCOFEP-CI nécessite le soutien des autorités.

Nous, l’USCOFEP-CI, faisons le plaidoyer auprès des autorités de nous appuyer en vue d’accéder à un site de mouillage pour cette nouvelle flotte qui s’inscrit dans le développement de la filière et de ses acteurs.

Ce projet s’inscrit dans la vision de l’USCOFEP-CI de contribuer au bien-être des acteurs du secteur et à l’amélioration de leurs conditions de vies, pour un secteur de la pêche durable sur le plan social et environnemental.

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